| Je suis maman d'un petit Titouan âgé d'un peu plus de cinq ans, aujourd'hui diagnostiqué comme étant "atteint d'autisme".
Il y a un an et demi environ, notre petit bonhomme faisait sa rentrée en première année de maternelle... Il était loin d'être propre, ne disait pas un mot, ne nous regardait pas – ou si peu - et ne supportait aucune contrainte. En fait, notre fils passait le plus clair de son temps à hurler et à se rouler par terre. Son institutrice, complètement désemparée face à l'attitude de cet enfant si difficile à gérer, nous a rapidement proposé de réduire son temps de scolarisation comme peau de chagrin. Très vite Titouan n'a plus fréquenté l'école qu'une heure par jour, trois fois par semaine, et cela essentiellement au moment de la récréation... De cette manière, il ne perturbait pas trop ses camarades et le rythme de la classe.
A l'époque, nous ignorions pourquoi notre fils se comportait d'une façon aussi étrange et nous ne savions pas quoi faire pour l'aider. Les professionnels de la santé que nous avons consultés ne nous ont été d'aucun secours, bien au contraire. Tous nous conseillaient de placer notre enfant en hôpital de jour... Pour eux, l'avenir de Titouan était tout tracé : il passerait sa vie dans des institutions spécialisées et autres établissements psychiatriques, sous camisole chimique. De notre côté, nous n'avions qu'une seule chose à faire : accepter la situation.
Mais nous avons refusé de baisser les bras, et de nous résigner. Titouan était notre enfant, et personne n'avait le droit de le condamner ainsi. Un peu plus tard, nous avons appris, par le biais de parents aujourd'hui membres de l'association OVA, qu'il existait une méthodologie efficace, l'Analyse Appliquée du Comportement, pratiquée avec succès à l'étranger depuis des dizaines d'années... Nous nous sommes donc lancés dans l'aventure.
Au début, Titouan ne faisait que 4 heures d'ABA par semaine, mais son comportement s'améliorait déjà sensiblement. En avril 2005, Diane, l'une de nos deux consultantes canadiennes diplômées en Analyse Appliquée du Comportement, a évalué Titouan pour la première fois, et a rédigé, pour lui, un programme éducatif individualisé, avec pour objectif essentiel de développer son langage. Dès lors, nous avons augmenté le nombre d'heures d'ABA. Actuellement, notre fils bénéficie de 21 heures de prise en charge hebdomadaire, avec 5 thérapeutes différentes, et d'1h30 de rééducation en orthophonie auprès d'une jeune femme formée à cette méthodologie.
Les séances quotidiennes se déroulent toujours de façon ludique : la plupart du temps, les éducatrices travaillent dans le milieu ordinaire, propice à l'acquisition de nombreuses compétences (verbales, notamment). Titouan passe beaucoup de temps, par exemple, à sauter sur le trampoline avec elles ou à jouer au ballon dans le jardin. D'autres activités plus « scolaires » s'acquièrent de préférence « à la table », mais cela dépend du niveau de l'enfant et des objectifs fixés par son programme. En tous cas, lorsqu'une thérapeute arrive à la maison, c'est une véritable fête pour notre fils, qui se précipite vers elle, ravi.
Les résultats de ce traitement sont enthousiasmants. Titouan a commencé à prononcer ses premiers mots en Juin dernier, quelques mois seulement après le début de la prise en charge en ABA. Et il ne cesse de progresser. Aujourd'hui, il est capable de faire des phrases, de venir vers nous et de nous demander, par exemple, « on joue au foot ? ».
Notre enfant n'est plus une énigme pour nous... Il peut nous dire ce qu'il veut, et ce qu'il ne veut pas, s'il a soif, froid ou mal quelque part... Il peut communiquer avec nous. Même son regard est redevenu vivant. A présent, Titouan est scolarisé trois demi-journées par semaine, bientôt quatre, et cela se passe très bien.
En un mot, l'espoir nous est de nouveau permis... Aujourd'hui nous savons que notre enfant aura une vie digne d'être vécue.
Ninon Legendre
Haute Savoie
France
10 Septembre 2006 |